La Dictature Franquiste

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Chronologie

¤ Après la guerre civile, le général Franco instaura sa dictature militaire par la loi du 8 août 1939. Il se proclama Caudillo : Chef de l'État et tout les pouvoirs se trouvèrent entre ses mains. D'ailleurs il était détenteur du pouvoir Exécutif et Législatif , également Commandant en chef des Forces Armées , Premier ministre et Chef du Parti de la Phalange.

¤ De 1939 à 1945 : L'Espagne ne prend pas part à la Seconde Guerre Mondiale. Bien que redevable à l'Allemagne et à l'Italie de sa victoire, Franco refusa de rejoindre les puissances de l'Axe car il préféra organiser le nouveau régime et entreprendre la reconstruction du pays.

¤ 1947 : Franco annonce la restauration de la monarchie lors de sa mort ou de sa retraite (Loi de la Succession).

¤ 1953 : L'Espagne et les États-Unis signent un accord de coopération prévoyant l'établissement de bases d'un usage commun.

¤ 1955 : Un accord entre les États-Unis et l'Union Soviétique permet à l'Espagne d'entrer aux Nations Unies avec quinze autres nations.

¤ 1956 : Sidi Mohamed ben Yusef, le sultan marocain, se met d'accord avec Franco pour mettre un terme au protectorat espagnol du Maroc.

¤ 1958 : Le gouvernement espagnol cède Tarfaya (une région du sud du Maroc) au Maroc. Le gouvernement marocain réclame également Ifni.

¤ 1962 : Son Altesse Royale le prince Juan Carlos épouse la princesse royale Sofia de Grèce.

¤ 1963 : L'accord de coopération avec les États-Unis est prolongé de cinq ans.

¤ 1968 : L'Espagne accorde son indépendance à la Guinée équatoriale (le 12 octobre).

¤ 1969 : Le territoire de Ifni est remis au Maroc. La frontière avec Gibraltar est fermée.
Juan Carlos de Borbon y Borbon est formellement investi du titre de prince héritier, un jour après avoir été nommé successeur en tant que roi par Franco.

¤ 1970 : L'accord d'amitié et de coopération avec les États-Unis est renouvelé pour cinq ans.

¤ 1973 : Le chef du gouvernement, Luis Carrero Blanco, est assassiné lors de l'attaque à la bombe par l'ETA, l'organisation séparatiste basque (le 20 décembre).

¤ 1975 : Lors de la pastorale collective - la première depuis 1937 - l'évêché déclare que la garantie des „droits d'assemblée, d'association et d'expression" sont „obligatoires".

¤ 1975 : Le 4 octobre, les États-Unis et l'Espagne annoncent un accord de principe portant sur les bases militaires, qui définit l'aide militaire américaine à l'Espagne.

¤ 1975 : Un décret déclare les langues régionales - catalan, basque et galicien - langues nationales.

¤ 1975 : Le 18 novembre, les Cortès approuvent la fin de la présence espagnole dans le Sahara espagnol et le transfert de l'administration territoriale du gouvernement colonial.

¤ 1975 : Le 20 novembre, Le général Franco meurt.

¤ 1975 : Le roi Juan Carlos prêtre serment comme roi d'Espagne lors d'une session commune des Cortès et du Conseil du Royaume.

Un renouveau économique qui s'accompagna d'une forte répression

¤ Franco ne tenta pas d'obtenir la réconciliation nationale. Les loyalistes furent emprisonnés par centaines de milliers, dont quelque 37 000 furent exécutés durant les quatre années qui suivirent la guerre. Presque toutes les lois républicaines en faveur des ouvriers et des paysans furent supprimées. Les principaux appuis de la dictature furent l'Armée, l'Église, à laquelle Franco restitua ses privilèges, et la Phalange, parti unique. Après 1960, l'Espagne bénéficia d'un important renouveau économique qui se traduisit par une rapide croissance industrielle, un essor du tourisme et des investissements étrangers. De son côté, l'Espagne libéralisa les éléments de sa propre économie.


Une Monnaie, symbole de ce renouveau.


La population espagnole put accéder à la consommation de masse. L'agriculture fut modernisée et mécanisée. Cette nouvelle prospérité entraîna de rapides changements sociaux. L'exode rural s'accéléra. Un immense programme de logements sociaux, subventionné par le gouvernement, permit le passage d'une société rurale à une société urbaine. Malgré la politique de libération qui accompagne les changements socio-économiques, l'évolution du régime autoritaire fut très lente.

¤ Après avoir dirigé le pays de façon autocratique jusqu'en 1967, Franco s'appuya de plus en plus, par la suite, sur l'amiral Luis Carrero Blanco, vice-président du gouvernement. La dictature continua à maintenir un régime d'oppression. Cependant, les mouvements d'opposition restèrent très forts à Madrid, au Pays basque et en Catalogne. Bien qu'illégales, de nombreuses grèves éclatèrent en Espagne à la charnière des années 1960-1970. L'action terroriste de l'ETA s'amplifia. Le gouvernement répondit par une répression aveugle. Un cycle de violence s'instaura dans les Provinces basques jusqu'en 1975.


Franco, comme Hitler, était un adepte des rassemblements de masse populaire. ( on remarque la main droite levée, comme Hitler et ses adeptes. )

¤ Carlos Arias Navarro (après l'assassinat de Luis Carrero Blanco - Chronologie) annonça alors de nouvelles mesures de libération, en faveur notamment de la création de partis politiques, interdits depuis 1939, ce qui déclencha une révolte chez les phalangistes qui prônèrent un retour à la dictature répressive. La menace d'une dérive vers la droite fut stoppée avec la mort du général Franco, le 20 novembre 1975.

Francisco Franco : Biographie

¤ Franco, Francisco (1892-1975), général et homme d'État espagnol. Né dans le port militaire d'ElFerrol (Galice), au nord-ouest de l'Espagne, Francisco Franco Bahamonde était issu d'une vieille famille, peu fortunée, dont les fils servaient dans la marine depuis plusieurs générations. N'ayant pu intégrer l'Académie navale, faute de place, il entra en 1907 à l'Académie militaire d'infanterie de Tolède, dont il sortit trois ans plus tard. Envoyé au Maroc en 1912, promu commandant en second de la Légion étrangère en 1920, il s'illustra lors de la guerre du Rif, contribua à la pacification de la région et, après sa conduite brillante lors du débarquement dans la baie d'Alhucemas (septembre 1925), fut nommé général de brigade en 1926, devenant, à trente-trois ans, le plus jeune des officiers généraux d'Europe. Très en faveur, tant auprès du roi Alphonse XIII que de Miguel Primo de Rivera, qui exerçait la réalité du pouvoir, il fut nommé directeur de l'Académie militaire générale de Saragosse en 1927.

¤ Après la chute de la monarchie le 14 avril 1931, et l'établissement de la IIeRépublique, la fermeture de l'Académie le laissa sans affectation pendant huit mois, le nouveau président du Conseil, Manuel Azaña, ayant entrepris de purger l'armée des éléments hostiles au gouvernement. Nommé commandant en chef de la garnison de La Corogne, dans sa région d'origine, puis désigné en février 1932 comme capitaine général des îles Baléares, par le régime, qui voulait l'éloigner, il fut rappelé en métropole après la victoire des conservateurs aux élections législatives de novembre 1933, et promu général de division le 27 mars 1934.

¤ Son rôle dans la répression de l'insurrection révolutionnaire des vallées minières d'Asturie, en octobre 1934, lui valut le titre de commandant en chef des forces armées au Maroc en février 1935, puis celui de chef d'état-major général de l'armée en mai. Il s'employa durant cette période à débarrasser l'armée de ses éléments progressistes et fit en sorte de promouvoir les officiers conservateurs. Après la victoire du Frente popular (Front populaire) le 19 février 1936, il fut immédiatement mis à l'écart et nommé chef du commandement militaire des îles Canaries.

¤ Rejoignant en juin, avec les généraux Godet et Queipo de Llano, la conspiration du général José Sanjurjo, soutenue par le financier Juan March, il gagna secrètement le Maroc un jour après le déclenchement du soulèvement nationaliste, le 18 juillet 1936. Il s'assura le contrôle des garnisons puis, ayant convaincu Hitler et Mussolini de prêter leur concours à la formation d'un pont aérien à grande échelle, débarqua dans le sud de l'Espagne, où il déploya l'armée d'Afrique, qui sema la terreur tout au long de sa marche sur Madrid, avec pour cri de guerre le fameux "!Viva la muerte!" ( "Vive la Mort!" ). À la fin de septembre 1936, il remporta une grande victoire politique et symbolique en détournant ses troupes de leur objectif, afin de libérer l'Alcazar de Tolède, défendu depuis le 18 juillet contre l'assaut des troupes républicaines par les cadets du colonel Moscardo.

¤ Après le décès accidentel du général Sanjurjo, dans les premiers jours de l'insurrection, Franco s'était imposé, par ses succès militaires et les contacts privilégiés qu'il avait noués avec l'Allemagne et l'Italie, comme le chef de la rébellion ; aussi se vit-il gratifier du titre de chef du gouvernement nationaliste. Confronté à la résistance acharnée de Madrid en novembre, il tenta en vain d'encercler la ville en décembre 1936 et au début de 1937, tout en causant de lourdes pertes du côté des républicains, tandis que, à partir du mois de mars, les troupes nationalistes progressaient vers le nord. Au milieu de l'année 1937, elles s'emparèrent du Nord industriel, atteignant Bilbao en juin, Santander en août, puis écrasèrent l'armée républicaine lors de la bataille dans la boucle de l'Èbre à la fin de 1938, et finirent par prendre Barcelone en janvier 1939, tandis que Madrid tombait au mois de mars suivant.

¤ Tout en dirigeant les opérations militaires, le général Franco s'attacha à poser les bases du nouvel État nationaliste: en avril 1937, il forma un parti unique la Phalange et en prit la direction. Il forma son premier gouvernement en janvier 1938. Dès 1938, il s'octroit le titre de Caudillo ( "guide!" ) et la double fonction de chef de l'État et de chef du gouvernement, profitant pour s'imposer de la disparition de ceux qui auraient pu apparaître comme ses compétiteurs, notamment le général Emilio Mola, décédé dans un accident d'avion en juin 1937. Après la victoire finale du 1er avril 1939, Franco mit en place un régime dictatorial avec le soutien actif de l'Église catholique, et ne tarda pas à obtenir la reconnaissance du régime par la Grande-Bretagne, la France (qui avait dépêché le maréchal Pétain comme ambassadeur à Madrid) et même les États-Unis. La loi du 8 août 1939 concentra entre les mains de Franco l'ensemble des pouvoirs, y compris le pouvoir législatif et le pouvoir constituant.


Franco imposa son symbole sur le drapeau espagnol, l'aigle ( comme Hitler et Napoléon ).

¤ Dictateur au sens le plus classique du terme, Franco instaura un régime autoritaire radicalement différent, par son absence de véritable base doctrinale, des régimes totalitaires fascistes apparus durant les années 1930. Placé à la tête d'un pays sans véritable tradition démocratique, où la persistance des structures traditionnelles rendait d'autant plus extrémistes les revendications de justice sociale, il sut en fait gouverner de manière assez pragmatique, s'appuyant sur des groupes de pression qu'il savait jouer les uns contre les autres, au prix cependant d'une véritable paralysie du débat démocratique et des droits de l'Homme. Il eut l'habileté de préserver l'Espagne de la Seconde Guerre mondiale, puis des tourments de la guerre froide, et parvint à réintégrer son pays dans le concert des nations démocratiques européennes, tout en préparant avec beaucoup de finesse une succession dont la réussite était loin d'être acquise.

5ème partie : La Monarchie Parlementaire, un modèle Démocratique