¤ La mort tragique de
Calvo Sotelo eut pour effet
d'accélérer le coup militaire qui avait été préparé depuis longtemps. En fait, les conspirateurs avaient
attendu le feu vert du général Franco pour commencer l'insurrection. Le
18 juillet, elle se diffusa à
d'autres garnisons d'Espagne métropolitaine et le jour suivant,
Franco prit le commandement de l'armée
au Maroc. Le soulèvement fût couronné de succès à Séville (dirigé par le général Queipo de Llano),
aux Iles Baléares (général
Goded), aux Iles Canaries et au Maroc (
Franco), à Navarre (
Mola), à Burgos
et à Saragosse. Le général
Yague avança par Extremadura et
Mola prit Irun. A la fin de
1936, les troupes
nationalistes avaient sous leur contrôle la plus grande partie de l'Andalousie, Extremadura, Tolède,
Avila, Ségovie, Valladolid, Burgos, le Léon, la Galice, une partie de l'Asturies, Vitoria, San Sébastien,
Navarre et Aragon, ainsi que les Iles Canaries et Baléares à l'exception de Minorque. Castille la Neuve,
Catalogne, Valencia, Murcia, Almérie, Gijon et Bilbao restèrent aux mains de la république.
¤ Le gouvernement républicain forma un cabinet de
coalition dirigé par
Giralt vite suivi par un autre ayant à sa tête
Largo Caballero. Il introduisit
le CNT (Confederacion Nacional de Trabajo, l'union anarcho-syndicaliste) dans le cabinet et s'installa
à Valencia. Le
29 septembre, la Junta de Defensa Nacional nomma
Franco Chef de gouvernement et Commandant
des forces armées. Afin de contrebalancer ces circonstances, le gouvernement républicain créa une armée
populaire et militarisa la milice. Chaque partie reçurent rapidement de l'aide de l'étranger : les
brigades internationales supportèrent l'Espagne républicaine (d'une aide officieuse de la France de la
Grande-Bretagne et de l'URSS qui adoptèrent une politique de non-intervention) et les troupes italiennes
(
Mussolini) et allemandes (
Hitler), l'Espagne nationaliste.
¤ Jarama, Brunete, Quinto, Belchite, Fuentes de Ebro,
Teruel, les Retraites et les Ebro seront autant de motifs de combat de la guerre civile espagnole dans
laquelle plus de mille deux cents soldats canadiens qui supportaient l'Espagne républicaine participèrent.
Ces hommes créèrent l'unité militaire la plus unique de l'histoire du Canada : le bataillon
des Mackenzie-Papineau de la
XVème Brigade internationale de l'armée républicaine
espagnole : „les Mac-Paps".
1937
¤ L'année
1937 fût caractérisée par des combats se
déroulant dans le nord du pays : Guernica fût bombardée en avril, Bilbao fût pris en juin, Santander
en août, et Gijon en octobre. Les républicains réagirent en ouvrant des fronts à Guadalajara (Mars),
à Brunete (Juillet), et à Belchite (Août). La bataille de Teruel prit place à la fin de l'année.
.....Picasso et Guernica.....
¤ " La peinture n'est pas faite pour décorer les
appartements " déclara
Picasso à propos de Guernica. " C'est un instrument de guerre, offensif et
défensif, contre l'ennemi. " Destinée initialement à l'Exposition universelle de
juillet 1937 à Paris,
cette œuvre fut composée quelques jours seulement après le bombardement de la petite ville de Guernica
par l'aviation nazie, qui allait faire près de
2 000 morts. Le cheval éventré, " symbole du peuple ", le
taureau, " incarnation de la brutalité, de l'obscurité ", la mère pleurant son enfant mort, le soldat à
l'épée brisée, la femme implorant le ciel sont autant d'êtres noyés " dans un océan de douleur et de mort ".
1938
¤ Les nationalistes poursuivirent leurs efforts
à Aragon, reprirent Teruel et divisèrent la zone républicaine en deux parties après leur entrée à
Castellon en
juillet 1938. Le gouvernement répliqua avec la bataille ainsi dénommée des Ebro
(
juillet-novembre 1938) qui se termina par une défaite républicaine et
70 000 victimes.
1939
¤ Une fois la résistance du gouvernement épuisée,
l'exil républicain s'amorça par la fuite de nombreux Espagnols vers la France. La Catalogne (donc Barcelone) tomba
le
10 février 1939. Madrid était la seule ville encore capable de résister, et les propositions de paix
faites par la Junta de Defensa (dirigée par
Casado et
Besteiro) s'avérèrent inutiles. Les forces
nationalistes occupèrent la capitale le
28 mars 1939 et le
1er avril, le général
Franco proclama
officiellement la fin de la guerre.
L'Espagne était finalement arrivée à une dictature...