SAMU : Entre tendresse et violence
Infirmière de nuit au SAMU
Sergine VINEY - IDE
Première intervention :
La gorge nouée,
les mains moites et tremblantes, le cerveau en ébulition
..
Beaucoup de doutes face à l'équipe avec laquelle aucun lien n'a
encore été crée.
Après dix-sept ans de pratique dans de nombreux secteurs de soins, c'est au SAMU que le mot EQUIPE à pris tout son sens : permanencier, médecin régulateur, transporteur, ambulancier et infirmier, tous forment les maillons d'une même chaîne.
Autant de difficultés pour communiquer et faire corps,les compétences et connaissances de chacun doivent être mises en commun, c'est ce que j'apprécie le plus dans ce type de service car il y a nécessité de se remettre sans cesse en question afin de rester efficace devant chaque cas , réfléchir, organiser, évaluer et corriger.
Dans les services de médecine, chirurgie, pédiatrie, réanimation, ophtalmologie, gynécologie, urgences, bloc opératoire, maison de repos j'ai acquis de la dextérité, les connaissances théoriques, l'organisation ; une expérience qui me permet aujourdhui d'apprécier le travail du SAMU.
La nuit, nous sommes confrontés aussi bien à la détresse morale, l'urgence psychiatrique, les traumatismes divers ( accidents, blessures par armes) : le soin relationnel et le rôle de propre de l'infirmier y tiennent une place importante.
Dans le quotidien, j'aime la diversité des missions ( accompagnement de patient médicalisé en radiologie, évacuation sanitaire dans les communes éloignées), et les tâches d'organisation avant chaque départ, prévoir au mieux le matériel selon les cas, et surtout pouvoir s'adapter aux conditions de travail " exotiques " (techniquer sur un parking de boite de nuit, rassurer une mère accouchant dans une ambulance, négocier avec un patient agressif dans son appartement, endormir un nourrisson hurlant dans un hélicoptère ), d'où le besoin de rester inventif quand le " matériel " fait défaut, et qui malgré tout me procure un stress positif qui me conforte chaque matin dans le choix du métier que j'exerce, je n'ai besoin d'aucune autre récompense.
VINEY Sergine