St Laurent se présente
comme une ville tropicale très spéciale, marquée par son histoire
, principalement le Bagne, fermé en 1948 mais dont l’ensemble des bâtiments
demeure et abrite la casi-totalité des administrations françaises :
douanes, gendarmerie, EDF, Poste, Sous-Préfecture, Télécom,
ANPE, Trésor public etc...sauf l’Education...
Le tracé des rues est toujours le même, en carré et la population
a construit de manière très anarchique à l’intérieur
de ce tracé. L’impression globale est une désolation amplifiée
par la chaleur écrasante en cette saison, et la composition très colorée
de sa population, emmigrés ne sachant s'ils vont s'installer définitivement,
résidents ne sachant s'ils vont partir un jour, temporaires présents
que pour une période déterminée, a pour conséquence un
certain laisser-aller dans les moeurs et dans l’éducation.
La population forme un drôle de mélange.
Une certaine souplesse se dégage des relations entre les différentes
ethnies qui se côtoient sur cet immense territoire, principalement sur la bande
littorale.
LES COMMUNAUTES
(Chiffres extraits du Magazine de l'Actualité Présidentielle)
I - LES CREOLES
Autrefois majoritaires, les créoles ne regroupent plus que 40 à 50%
de la population. Ils vivent essentiellement sur le littoral, à Cayenne, Kourou,
Saint-Laurent du Maroni et Mana, mais aussi à Maripasoula, Saül, ou Regina.
Ils détiennent encore l'essentiel du pouvoir politique.
II - LES AMERINDIENS
- Les Arawack
: ils ne sont plus que 150 environ, installés à Macouria et à
Matoury
- Les Palikour
: ils sont environ 400 en Guyane, et 600 au Brésil. Ils sont surtout installés
à Saint-Georges de l'Oyapock.
- Les Wayana
(ou Roucouyennes) : au nombre de 1 000 environ, ils occupent le Haut-Maroni
- Les Galibi
: répartis sur tout le plateau des Guyanes, ils sont environ 2 000 en Guyane
Française, installés à l'embouchure du Maroni et notamment à
Awala-Yalimapo.
- Les Oyampi
(ou Wayapis) : redécouverts au milieu du siècle, les Oyampis vivent
en forêt profonde et sont environ 750, dont 500 en Guyane Française.
Ils vivent essentiellement sur la commune de Camopi et notamment à Trois-Sauts.
- Les Emerillon :
150 environ, ils vivent en bonne intelligence avec les Oyampis à Camopi. "Le
Chemin des Emerillons" reliait autrefois Saül à Camopi.
III - LES NOIRS-MARRONS
Les noirs-marrons, "bush negroes" ou "nègres des bois"
sont les descendants des anciens esclaves rebelles. Ils parlent le taki-taki - nom
plutôt populaire pour désigner le "bushi-nenge tongo" - langue
des "hommes des bois" (Bonis-Djuka) ou le Saramaca.
- Les Saramacca
: vivant surtout au Surinam, ils ne sont que 300 en Guyane, sur le Maroni mais aussi
à Saint-Laurent et Kourou, et même sur le Tampoc, sur l'Oyapock.
- Les Boni
(ou Aluku) : tirant leur nom français de leur chef historique Boni, les Alukus
vivent sur la rive droite du Maroni, et surtout à Papaïchton (où
réside leur Grand Man), Maripasoula et Apatou. Ils sont environ 2 000 en Guyane
Française.
- Les Ndjuka
: ils vivaient avant 1988 essentiellement au Surinam, où réside leur
Grand Man, sur le Tapanahoni. Cependant, constituant une des premières ethnies
en rebellion du Surinam, ils ont massivement émigré en Guyane Française.
Leur nombre a donc cru, de 300 à environ 2 000. Ils résident surtout
à Grand Santi, Saint-Laurent et un certain nombre à Apatou.
IV - LES METROPOLITAINS
A la différence des Antilles, il n'existe pas de communauté structurée
descendant des tous premiers colons. Les "métros" représentent
cependant environ 12% de la population et sont très présents dans les
administrations, l'armée et le centre spatial.
V - LES AUTRES ETHNIES
- Les Hmong
: arrivés en 1977 dans des conditions dramatiques, fuyant le Laos, ils ont
suscité, au départ, le rejet de la part de la communauté créole,
ce qui explique l'isolement des deux communautés de Cacao et Javouhey, où
résident environ 1 500 personnes. Ils ont obtenu, à force de travail,
une des uniques réussites agricoles du département, en devenant les
seuls fournisseurs réguliers de légumes frais et se sont bien intégrés
tout en conservant leurs particularismes.
- Les Chinois
: environ 3 000, ils forment une communauté structurée et fermée.
Ils règnent sur le petit commerce de détail. Si la première
génération commence à s'identifier aux intérêts
créoles, les derniers arrivants sont toujours discrets, au plan politique
comme au plan social.
- Les Libanais
: composée de 300 personnes environ, la communauté libanaise compense
sa faiblesse numérique par un poids économique important.
- Les Brésiliens : venant du nord-est brésilien, leur nombre s'est accru entre
1990 et 1994. Ils sont actuellement environ 20 000. L'immigration est cependant en
baisse depuis 1995.
- Les Haïtiens
: plus forte communauté étrangère en Guyane, ils sont entre
25 et 30 000 immigrés pour des raisons politiques ou sociales.
- Les Surinamiens
: immigrés récents (le Surinam n'est indépendant que depuis
1975), ils sont de plus en plus nombreux, environ 10 000 aujourd'hui.
- Les Guyaniens
: relativement peu nombreux.
Les langues parlées sont aussi nombreuses mais avec des préférences
: le français est officiel mais n’occupe qu’une place de “prétexte”;
on parle le plus souvent le bushi-nengé tongo et le créole. Les enfants
de St Laurent parlent au moins trois langues parfois quatre ou cinq. Rassurez-vous,
l'européen se fait comprendre partout mais ne comprend pratiquement rien.
Pour ce qui est des nouvelles technologies, la Guyane a beau lancer des satellites
au dessus de la planète, il n’y a que deux chaînes tout juste lisibles
qui refont un vilain tri des programmes passés il y a trois semaines en métropole...
Canal + , ou bien avoir une parabole qui prend une douzaine de chaînes populaires
brésiliennes. Informatique au B A BA. Connexion Internet en plein développement
donnant quand-même une certaine respiration.
Donc, bienvenue
à St Laurent : de nombreuses activités sont en attente des personnes
qui veulent bien s’en donner la peine : ballades en forêt tropicale (on est
dedans) pour la chasse de gibier de tous poils, recherche d’orchidées, safaris
photo sur faune et flore, remontée et descentes de fleuve en pirogue et visite
de criques par centaines, baignades au fleuve (la plage quoi), nuits au carbet, travail
des bois exotiques ou recherche de sculptures chez les Noirs du fleuve, éventuellement
demander une concession en forêt et planter son abatti (3 hectares mini), pique-nique
chez les Amérindiens au bord de mer, voir les tortues marines venir pondre
sur les plages la nuit (en passant je vous recommande l'Ibis, tel : 34 30 40,
on y mange super et l'ambiance est sereine), passer quelques jours au Surinam
repacifié après sa guerre civile qui a pris fin en 92.
Plus à l'Est, visiter Kourou et le Centre Spatial Guyanais, les Iles du Salut,
les différents bagnes, boire l’apéro sur la place des Palmistes à
Cayenne, manger du gibier de toute espèce (caïman, anaconda, iguane,
maïpouri, pack, singe, biche, agouti ...) chasser les papillons les plus merveilleux
du monde, filer faire son marché au Brésil et visiter Belém,
et surtout se munir de la grosse artillerie contre les moustiques qui sont le prédateur
n°1 de l’homme ici plus qu’ailleurs.
Pour ceux que l’aventure tente, le Maroni est le fleuve
le plus long de ce côté... et les chroniques y sont nombreuses.
Henri ABONNENC
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